Combien de temps pour avoir une réponse de la MDPH ?

Quatre mois en théorie, plus selon les départements : ce que vaut le silence de la MDPH, à partir de quand compter, et ce qu'il est utile de faire.

Cet article a été rédigé par Maître

La date de mise à jour de l’article est le 30/09/2026

Le temps moyen pour une réponse de la MDPH

Sommaire

Vous avez déposé, on vous a dit quatre mois, et rien ne vient. Ni courrier, ni appel, ni moyen de savoir où en est le dossier. Pendant ce temps la vie continue, et souvent elle n’attend pas. Ce qu’il faut savoir tient en peu de mots : le silence n’est pas un oubli, c’est une étape normale de la procédure — et au bout du quatrième mois, il devient une réponse. Une réponse négative, qu’il est possible de contester.

En bref

  • Le délai de principe est de quatre mois à compter du dépôt de la demande.
  • Le silence gardé au-delà vaut refus, et ce refus ouvre un délai de recours de deux mois.
  • Les délais réels varient du simple au double selon le département, et ils sont publics.
  • Un dossier incomplet ne suspend pas un chronomètre : il empêche le dossier d’avancer.
  • Passé quatre mois, attendre encore n’apporte rien et fait parfois perdre le recours.

Quatre mois, et ce qu’ils recouvrent

Le chiffre est connu : quatre mois, au terme desquels l’absence de réponse vaut rejet (article R. 241-33 du Code de l’action sociale et des familles). Ce que l’on sait moins, c’est ce qui se passe à l’intérieur de ces quatre mois, et pourquoi ils s’écoulent sans nouvelle.

Trois étapes s’y succèdent, et aucune ne donne lieu à courrier. L’enregistrement du dossier, d’abord. Son évaluation ensuite, par une équipe pluridisciplinaire qui ne rencontre pas nécessairement le demandeur et travaille le plus souvent sur pièces. Son inscription enfin à l’ordre du jour d’une commission qui siège à intervalles réguliers, et qui examine un volume important de dossiers par séance. Le silence n’est donc pas un signe : il est la règle pendant toute cette période.

Ce délai vaut pour l’ensemble des demandes — allocation, taux d’incapacité, reconnaissance de travailleur handicapé, prestation de compensation, orientation, carte. Les cocher toutes sur le même formulaire n’allonge pas le délai, mais ne le raccourcit pas davantage.

Sur le point de départ, souvent mal compris : c’est la date d’arrivée du dossier à la maison départementale du lieu de résidence qui compte, et non celle de la séance de commission ni celle de l’évaluation. C’est pourquoi la preuve du dépôt est à conserver.

Si une pièce manque

Une première demande se distingue d’un renouvellement sur un point : personne ne connaît encore votre dossier, et rien ne sera complété d’office. Une pièce absente reste absente jusqu’à ce que vous la fournissiez, et le dossier n’avance pas pendant ce temps.

Le réflexe utile tient en une ligne : vérifier les pièces avant l’envoi plutôt que découvrir la lacune au troisième mois. Nous les détaillons dans notre article sur la constitution du dossier, et nous exposons les conséquences d’une pièce manquante dans celui sur les délais de renouvellement.

Savoir à quoi s’attendre chez soi

Quatre mois est un délai de droit, pas une prévision, et l’écart entre départements est considérable. Pour une première demande, connaître le délai réel de sa maison départementale des personnes handicapées — la MDPH — ne sert pas à choisir sa date de dépôt — il n’y a pas d’échéance à anticiper — mais à savoir à partir de quand l’absence de réponse cesse d’être normale. Nous publions ces délais département par département.

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Deux nuances valent d’être connues : les dossiers d’enfants sont souvent traités plus vite que ceux d’adultes, et certaines demandes prennent structurellement plus de temps, l’orientation en établissement au premier chef.

Au quatrième mois, le silence devient une réponse

Passé quatre mois sans nouvelle, vous n’êtes plus dans l’attente : un refus est né tout seul, sans que personne vous en avertisse.

C’est la règle la plus déroutante de toute la procédure, et celle qui coûte le plus de droits. On continue d’attendre une lettre qui n’arrivera jamais, en se disant que le dossier est encore à l’étude. Pendant ce temps, le compteur du recours tourne.

C’est contre ce refus, et non contre le silence, que le recours préalable doit être dirigé — à défaut, le recours devant le tribunal sera déclaré irrecevable (Cour de cassation, deuxième chambre civile, 27 juin 2024, n° 22-21.454).

Deux précisions de la même décision rassurent sur des situations courantes. Si vous avez formé votre recours un peu avant le terme exact des quatre mois, il n’est pas perdu dès lors que le délai s’écoule ensuite. Et si une décision écrite finit par arriver après coup, vous n’avez pas à tout recommencer.

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Un second silence guette ensuite, et il ne faut pas le confondre avec le premier : sur le recours préalable, l’absence de réponse vaut refus au bout de deux mois seulement (article R. 241-41 du même code). Quatre mois sur la demande, deux mois sur le recours : deux compteurs différents, qui démarrent tous les deux sans prévenir.

Deux réactions se rencontrent, et aucune n’est bonne. Attendre encore, en se disant qu’un courrier finira bien par arriver. Ou se décider six mois plus tard, quand le délai pour contester est passé depuis longtemps. Dans les deux cas, ce qui manquait n’était pas la volonté d’agir, mais l’information que personne n’avait donnée.

La marche à suivre pour contester, avec ce qu’il faut écrire, figure dans notre article sur le recours préalable devant la maison départementale. Notre simulateur de délai de recours permet de vérifier où vous en êtes.

Ce que vous pouvez faire pendant ce temps

Attendre ne veut pas dire rester sans rien faire. Quelques gestes simples pèsent sur la décision à venir, ou évitent des ennuis plus tard.

  • conserver la preuve du dépôt, ainsi que l’accusé de réception lorsque la maison départementale en délivre un : c’est ce document qui fixera la date de départ du délai ;
  • adresser les éléments nouveaux au fur et à mesure — un bilan récent, un compte rendu d’hospitalisation, un changement de situation — plutôt que d’attendre la décision pour les produire ;
  • répondre sans délai à toute demande de pièce complémentaire, en gardant une copie de l’envoi ;
  • lorsque la maison départementale adresse le plan personnalisé de compensation, ne pas laisser passer le délai d’observations : c’est le dernier moment où l’on peut agir avant la commission ;
  • relancer par écrit à l’approche du quatrième mois, ce qui laisse une trace et accélère parfois l’inscription à l’ordre du jour.

Quand l’attente n’est pas tenable

Une rentrée scolaire qui approche, une sortie d’hospitalisation, une aide à domicile sans laquelle le maintien chez soi devient impossible : certaines situations ne supportent pas quatre mois. Autant savoir tout de suite ce qui existe, et ce qui n’existe pas.

Une seule procédure d’urgence est véritablement organisée par les textes, et elle concerne la prestation de compensation du handicap. Le demandeur peut, à tout moment de l’instruction, joindre une demande particulière d’urgence, à laquelle le président du conseil départemental doit répondre dans un délai de quinze jours ouvrés en fixant un montant provisoire, la situation étant ensuite régularisée devant la commission (article R. 245-36 du Code de l’action sociale et des familles). Nous le signalons avec prudence : la procédure existe, son effectivité est inégale.

Pour les autres demandes, il n’existe rien d’équivalent. Le seul levier est interne à la commission, qui peut siéger en formation restreinte pour statuer plus vite, notamment lorsqu’une décision est urgente (article R. 241-28 du même code). Ce n’est pas un droit que vous pouvez exiger, mais rien n’empêche de le demander — par écrit, en expliquant pourquoi, et dès le dépôt plutôt qu’après.

Lorsque l’attente met en cause un droit déjà ouvert plutôt qu’un droit nouveau, d’autres voies existent, que nous exposons dans notre article sur les délais de renouvellement.

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Questions fréquentes

Quel est le délai légal de réponse de la MDPH ?

Quatre mois à compter du dépôt de la demande. Au-delà, le silence vaut décision de rejet.

À partir de quand le délai court-il ?

Du dépôt de la demande auprès de la maison départementale de votre lieu de résidence. Tant qu’une pièce manque, le dossier n’est pas inscrit devant la commission, et le temps perdu ne se rattrape pas.

Que faire si je n’ai aucune réponse après quatre mois ?

Considérer qu’un refus implicite est né et agir dans les deux mois. Continuer d’attendre n’ajoute rien et peut faire perdre le recours.

Le délai est-il le même pour tous les droits demandés ?

Oui, quatre mois pour l’ensemble des demandes adressées à la commission. En pratique, certaines demandes, comme l’orientation en établissement, prennent plus longtemps.

Pourquoi les délais varient-ils autant d’un département à l’autre ?

Parce qu’ils dépendent des moyens et du volume de demandes de chaque maison départementale. Les écarts sont mesurés et publics : nous publions le délai moyen de chaque département.

Puis-je faire accélérer ma demande ?

Vous pouvez signaler une urgence, par écrit et en la justifiant, dès le dépôt. Les modalités varient selon les départements, mais une urgence qui n’est pas exposée n’est jamais prise en compte.

Une relance suffit-elle à interrompre le délai ?

Non, elle ne modifie aucun délai. Elle laisse une trace utile et accélère parfois l’inscription du dossier, sans plus.

Cet article présente des règles générales à la date de sa mise à jour. Il ne remplace pas l’analyse de votre situation par un avocat.

Sources

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