Recours MDPH

Recours MDPH avec un avocat en droit du handicap

Vous venez de recevoir une notification MDPH qui refuse ou réduit une aide, pour vous ou pour votre enfant, et vous ne savez pas quoi faire ensuite. Cette situation est épuisante, et la complexité du courrier administratif n’arrange rien.

Pourtant, une décision MDPH n’est pas définitive. Il existe trois voies de recours encadrées par la loi pour la contester : la conciliation auprès de la MDPH, le recours administratif préalable obligatoire (RAPO) et, si nécessaire, le recours devant un tribunal. Chacune répond à une logique différente, avec ses propres délais et documents à réunir. Pour vous aider dans ces démarches, consultez notre modèle de lettre MDPH.

Cet article, rédigé par un avocat du cabinet Dyade Avocats qui exerce en droit du handicap, vous explique ces étapes clairement, sans jargon. Il est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : chaque dossier étant différent, une consultation avec un avocat reste recommandée pour évaluer votre situation précise.

En bref

  • Vous disposez d’un délai de 2 mois après la notification MDPH pour agir : passé ce délai, votre recours peut être déclaré irrecevable.
  • Trois voies s’offrent à vous : la conciliation auprès de la MDPH, le RAPO (recours administratif préalable obligatoire) adressé en principe à la MDPH, puis le recours contentieux devant le tribunal compétent.
  • Préparez dès maintenant votre dossier : copie de la décision contestée, pièces médicales complémentaires et courrier envoyé en lettre recommandée avec avis de réception.
  • Un avocat peut vous accompagner à chaque étape, surtout si votre recours doit aller jusqu’au tribunal.
Simon et Clémentine Parier, avocats, en droit du handicap

Rédigé par Maître Clémentine Parier-Villar , avocate au barreau de Bordeaux, qui exerce en droit du handicap.

Sources réglementaires : Code de l’action sociale et des familles · Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie

Sommaire

Le parcours d'un recours MDPH en 6 étapes

1

Recevoir la Décision

Recevoir la décision de la CDAPH ou du Président.

2

Désaccord avec la Décision

Faire un Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO)* auprès de la MDPH par voie postale.

3

Soumettre un RAPO

Soumettre un recours administratif dans les 2 mois.

4

Attente

Aucune réponse durant les 2 mois ou réception d'une décision.

5

Saisir le Tribunal

Par rapport aux décisions contestées en envoyant un courrier en lettre recommandée ou en le déposant au tribunal.

6

Décision favorable

Si le tribunal accueille votre demande, vous bénéficiez de vos droits.

Comprendre la décision MDPH avant d’agir

Avant toute démarche, prenez le temps de lire attentivement votre notification MDPH. Ce document indique les droits accordés ou refusés, les motivations de la décision et les voies de recours disponibles. Ces informations conditionnent directement la stratégie à adopter.

Repérez en priorité la date de notification : c’est elle qui déclenche le délai de 2 mois pour agir. Ce délai court à partir de la réception du courrier, pas de sa date d’émission.

Vérifiez aussi s’il s’agit d’un refus total (aucune prestation accordée) ou d’un refus partiel (durée réduite, taux insuffisant, prestation accordée mais pas celle demandée). La nuance est importante : un refus partiel peut, lui aussi, être contesté.

Enfin, avant de rédiger quoi que ce soit, pensez à demander votre dossier complet à la MDPH. Cette démarche vous permet de vérifier les pièces prises en compte et d’identifier d’éventuels éléments manquants. Pour aller plus loin, l’article que faire quand le dossier MDPH est refusé vous aide à analyser les causes fréquentes de refus avant d’engager un recours.

Ils nous ont fait confiance pour leurs recours MDPH

L’avis des personnes que nous avons accompagnées​

 
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Notre accompagnement
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Clémentine vous explique le recours MDPH en vidéo.

La conciliation : une étape facultative

La conciliation est une procédure amiable, prévue par le Code de l’action sociale et des familles, qui vous permet de discuter de votre désaccord avec la MDPH sans passer par un tribunal. Elle est gratuite et facultative. Un conciliateur indépendant, désigné par la MDPH, intervient pour faciliter le dialogue entre vous et la commission. Pour le saisir, adressez une demande écrite à votre MDPH départementale, de préférence par courrier recommandé avec avis de réception, en joignant la copie de la décision contestée. La saisine doit intervenir dans le délai de 2 mois suivant la notification. La séance de conciliation se tient sans audience formelle : pas de procédure contradictoire complexe, pas de représentation obligatoire par un avocat. Préparez vos documents médicaux récents, les évaluations spécialisées de votre enfant et tout élément qui n’aurait pas été pris en compte dans la décision initiale. L’avantage principal est la rapidité : c’est souvent la voie la plus directe pour obtenir un réexamen de votre situation. Mais deux limites importantes sont à connaître. La conciliation n’est pas suspensive : la décision initiale reste applicable le temps de la procédure. Et elle ne remplace pas le RAPO, qui reste la voie obligatoire avant tout recours contentieux. En pratique, la conciliation fait rarement évoluer les choses : même lorsque le conciliateur donne raison au demandeur, la MDPH n’est pas tenue de modifier sa décision, et le conciliateur oriente le plus souvent vers un RAPO. Mieux vaut donc ne pas attendre et former directement le RAPO dans le délai de deux mois. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis personnalisé d’un avocat en droit du handicap.

Le RAPO : le recours administratif obligatoire avant le tribunal

Le recours administratif préalable obligatoire (RAPO) est la voie légale incontournable avant de saisir un tribunal. Il est encadré par le Code de l’action sociale et des familles (CASF) et doit être exercé dans un délai de 2 mois à compter de la réception de la notification MDPH. Attention au destinataire : le RAPO s’adresse en principe à la MDPH qui a rendu la décision, à l’adresse indiquée dans les voies de recours de votre notification. La carte mobilité inclusion obéit à des règles particulières. Pour la mention stationnement, le recours s’adresse au président du conseil départemental, qui délivre la carte. Pour les mentions invalidité et priorité, la carte relève elle aussi en principe du président du conseil départemental, qui en confie l’instruction et l’attribution à la MDPH : les notifications indiquent généralement d’adresser le recours à la MDPH, ce qui est cohérent avec la saisine ensuite du tribunal judiciaire. En cas de doute, envoyer le recours à la fois à la MDPH et au conseil départemental est une précaution utile. Votre lettre doit contenir plusieurs éléments précis : vos coordonnées complètes, le numéro ou la référence de la décision contestée, l’exposé clair de vos arguments, et les pièces complémentaires que vous souhaitez verser au dossier. Un piège fréquent consiste à oublier de joindre la copie de la décision initiale : sans elle, le dossier est incomplet et son traitement peut être bloqué. Envoyez le tout en lettre recommandée avec avis de réception pour conserver une preuve de la date d’envoi et du dépôt. Cette précaution est indispensable en cas de litige ultérieur sur les délais. Pour préparer votre courrier, le modèle de lettre de recours MDPH disponible sur le site du cabinet vous fournit une base structurée et conforme aux exigences procédurales. Si vous souhaitez approfondir chaque étape, le guide du recours administratif préalable obligatoire détaille la procédure de A à Z. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis personnalisé d’un avocat en droit du handicap.

Que se passe-t-il si le RAPO reste sans réponse ?

Après l’envoi de votre RAPO, l’administration qui l’a reçu dispose de 2 mois pour vous répondre. Si ce délai s’écoule sans réponse, la loi considère qu’il s’agit d’un rejet implicite : votre recours est réputé avoir été refusé. Ce rejet silencieux a une conséquence directe : il fait courir un nouveau délai de 2 mois pour saisir le tribunal compétent. Le point de départ de ce délai est la date d’expiration du délai de réponse de l’administration, et non la date d’un éventuel courrier de refus. C’est précisément pour cela que la preuve d’envoi recommandé est indispensable. L’avis de réception de votre lettre recommandée vous permet de calculer exactement la date à partir de laquelle court le délai de saisine du tribunal. Sans ce document, vous ne pouvez pas établir votre calendrier de recours de façon fiable. Face à un rejet implicite, la démarche à suivre est claire : engagez le recours contentieux dans le délai imparti, en vous référant à la nature de la décision contestée pour identifier le tribunal compétent (judiciaire ou administratif selon le type de prestation). Un avocat peut vous aider à éviter un dépôt hors délai, qui rendrait votre recours irrecevable. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis personnalisé d’un avocat en droit du handicap.

Le recours contentieux : saisir le bon tribunal

Quand le RAPO aboutit à un refus, explicite ou implicite, vous disposez de 2 mois pour saisir un tribunal. Première question cruciale : lequel ? La réponse dépend de la nature de la prestation contestée. Les décisions portant sur des prestations comme l’AAH ou la PCH relèvent du tribunal judiciaire (anciennement tribunal de grande instance). En revanche, les recours concernant des décisions administratives de la MDPH relevant du droit public relèvent, eux, du tribunal administratif. Une erreur d’aiguillage entraîne un rejet de la requête : vérifiez attentivement la nature de la décision avant de déposer votre dossier. Dans les deux cas, la compétence territoriale revient au tribunal du lieu de votre résidence. Pour saisir le tribunal, rédigez une requête écrite exposant vos arguments, en joignant la copie de la décision initiale, la preuve d’envoi du RAPO, l’avis de réception et toutes les pièces médicales complémentaires. La représentation par un avocat n’est pas obligatoire devant ces juridictions, mais elle reste fortement conseillée. Le droit du handicap mêle règles procédurales strictes et appréciations médicales complexes : une assistance juridique réduit sensiblement le risque d’erreur formelle. Concernant les délais, une procédure contentieuse en matière MDPH peut durer de plusieurs mois à plus d’un an selon les juridictions et la charge des rôles, à titre indicatif, sans qu’aucun délai ne puisse être garanti. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis personnalisé d’un avocat en droit du handicap.

Comparatif des 3 voies de recours MDPH

Pour choisir la voie adaptée à votre situation, voici les caractéristiques essentielles des trois procédures.
Voie de recours Délai de saisine Destinataire Durée estimée Effet suspensif
Conciliation 2 mois après notification MDPH départementale Quelques semaines Non
RAPO 2 mois après notification MDPH, selon les voies de recours de la notification (règles particulières pour la carte mobilité inclusion) 2 mois (délai légal de réponse) Non
Recours contentieux 2 mois après rejet du RAPO Tribunal judiciaire ou administratif selon la prestation Plusieurs mois à plus d’un an Non
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Questions fréquentes sur le recours MDPH

Quel est le délai légal pour contester une décision de la MDPH ?

Vous disposez d’un délai de deux mois à compter de la réception de votre notification de décision pour engager un recours. Nous vous conseillons d’être particulièrement vigilant sur ce calendrier, car un dépassement de ce délai rendrait votre demande irrecevable, vous obligeant à redéposer un dossier complet depuis le début.

Le Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO) est une étape juridique indispensable avant toute saisine d’un tribunal. Pour le mettre en œuvre, vous devez adresser un courrier à votre MDPH, de préférence en recommandé avec accusé de réception, en y joignant la copie de la décision contestée et des éléments médicaux ou sociaux nouveaux justifiant votre demande de réexamen.

Oui. Depuis le 28 mai 2026, l’engagement d’une procédure de conciliation interrompt le délai de recours (article L. 146-10 du Code de l’action sociale et des familles). La conciliation ne remplace pas pour autant le RAPO, qui reste obligatoire avant de saisir le tribunal.

Le choix de la juridiction dépend de la prestation concernée. Le Tribunal judiciaire est compétent pour les litiges relatifs à l’AAH, la PCH, la CMI mention invalidité ou l’orientation médico-sociale. En revanche, le Tribunal administratif doit être saisi pour les questions liées à la RQTH, à l’orientation professionnelle ou à la CMI mention stationnement.

Devant le Tribunal judiciaire, la présence d’un avocat n’est pas une obligation légale, et vous pouvez choisir de vous défendre seul ou avec l’aide d’une association. Toutefois, nous constatons que l’accompagnement par un professionnel du droit du handicap peut aider pour structurer votre argumentaire face à l’administration et pour échanger efficacement avec l’expert médical désigné par le juge.

Si vous n’avez reçu aucun courrier deux mois après le dépôt de votre RAPO, cela est considéré comme une décision implicite de rejet. Ce silence administratif vaut confirmation du refus initial. À partir de cette date, vous disposez d’un nouveau délai de deux mois pour saisir le tribunal compétent en utilisant votre accusé de réception de dépôt comme preuve.

Vous avez reçu une notification défavorable et vous ne savez pas par où commencer ? Le cabinet Dyade Avocats, qui exerce en droit du handicap, accompagne les familles à chaque étape de la procédure, de l’analyse de la décision jusqu’à la saisine du tribunal si nécessaire.

Prenez contact pour un premier échange, sans engagement, afin d’évaluer ensemble les options adaptées à votre situation, avec l’accompagnement d’un avocat en recours MDPH.

Face à une décision MDPH défavorable, vous avez trois voies concrètes : la conciliation, le RAPO, puis le recours contentieux si nécessaire. Chacune s’enchaîne dans un ordre précis, et tout commence par un délai de 2 mois à respecter absolument dès la réception de la notification.

Vous n’avez pas à affronter cette procédure sans appui. Le cabinet Dyade Avocats accompagne les familles comme la vôtre, de la lecture de la décision jusqu’aux démarches adaptées à votre dossier.