IME fermé, orientation CDAPH contestée ou sortie de parcours : l’impasse semble totale, mais des voies de recours existent pour défendre votre enfant.
Cet article examine chacune de ces situations et les démarches adaptées.
Comprendre ce que recouvre un refus d’inscription en IME
Derrière cette expression se cachent trois situations très différentes, qui n’appellent pas les mêmes démarches.
- L’établissement qui refuse d’admettre un enfant malgré une décision d’orientation valide : manque de place, profil jugé inadapté ou argument de secteur géographique.
- Les parents qui s’y opposent, souhaitant une autre solution.
- Le non-renouvellement de l’accueil en cours de parcours.
Identifier votre situation conditionne la démarche : les droits mobilisables et les délais diffèrent selon le cas.
La notification MDPH : une orientation, pas une garantie de place
Conformément à l’article L241-6 du Code de l’action sociale et des familles, c’est la CDAPH qui décide de l’orientation. Ce document vaut sur tout le territoire national : les établissements ne peuvent pas l’écarter au seul motif du secteur géographique. Il ouvre des droits à la prise en charge, sans créer automatiquement une place disponible, source de la plupart des blocages rencontrés par les familles.
Que contient une notification IME de la MDPH et combien de temps est-elle valable ?
Le document délivré par la CDAPH mentionne l’identité de l’enfant, le type d’établissement médico-social orienté et les modalités d’accompagnement retenues. Sa durée de validité est fixée entre 1 et 5 ans selon la situation. Avant expiration, les familles doivent engager un renouvellement auprès de la commission ; un refus constitue une décision formelle susceptible de recours.
Cas 1 et Cas 2 : refus subi par la famille et refus choisi par les parents
Cas 1 : l’IME qui refuse, malgré la notification
Les listes d’attente sont longues : des milliers d’enfants porteurs de handicap se retrouvent sans prise en charge chaque année. Pourtant, l’argument du secteur géographique est juridiquement infondé : la décision délivrée par la CDAPH vaut sur l’ensemble du territoire national (art. L. 351-2 du code de l’éducation). En cas de carence de places, c’est à l’ARS et au département d’assurer la continuité. Conservez chaque trace dès le premier rejet : dates, courriels, lettres recommandées avec accusé de réception, copies de vos formulaires.
Cas 2 : les parents qui écartent l’orientation
La commission oriente, elle n’oblige pas. Les familles peuvent légalement décliner une orientation en établissement médico-social et notifier la MDPH par courrier, puis demander une révision. Ce choix, s’il est argumenté et accompagné d’une solution cohérente, reste dans le cadre de l’autorité parentale. Des options existent : scolarisation ordinaire avec accompagnement via l’obtenir un accompagnement scolaire adapté via la MDPH, SESSAD ou instruction en famille.
Tableau comparatif : refus subi vs orientation choisie
Trois situations, trois logiques. Ce tableau aide à identifier votre cas avant toute démarche.
| Situation | Acteur concerné | Cadre applicable | Démarche prioritaire | Risques éventuels |
|---|---|---|---|---|
| IME qui refuse (pas de place, argument de secteur) | Parents, ARS, département | Art. L. 351-2 code de l’éducation : la notification vaut sur tout le territoire | Recours gracieux auprès de la maison départementale, puis référé-liberté si urgence | Allongement des délais sans alternative d’attente |
| Opposition parentale à l’orientation CDAPH | Famille, commission | Autorité parentale ; possibilité de demander une révision | Courrier de désaccord + demande de révision | Absence d’accompagnement si aucune solution n’est formalisée |
| Sortie ou non-réinscription en cours de parcours | Parents, établissement | Maintien de l’accompagnement garanti ; préavis à respecter | Formaliser par écrit + anticiper un dispositif relais (SESSAD, AESH) | Rupture de parcours sans filet si aucune transition n’est préparée |
Les recours juridiques face à un refus d’inscription en IME
Recours gracieux et conciliation MDPH
Avant toute procédure contentieuse, saisir la Maison Départementale des Personnes Handicapées d’une contestation administrative préalable reste la première étape. Les démarches pour faire un recours MDPH doivent être engagées dans un délai de 2 mois à compter de la notification contestée.
Référé-liberté devant le tribunal administratif
En cas d’urgence avérée, cette procédure permet d’obtenir une réponse en 48 heures, à condition de démontrer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Contestation pour excès de pouvoir contre l’ARS ou le département
Cette action vise la carence fautive de l’administration n’ayant pas assuré de prise en charge effective.
Ce que le juge peut, et ne peut pas, ordonner
| Le juge peut ordonner | Le juge ne peut pas ordonner |
|---|---|
| Une injonction d’agir sous astreinte | La création d’une place en établissement |
| Une alternative provisoire | L’admission directe dans un établissement précis |
| Des dommages-intérêts pour carence fautive | Le remplacement de la décision CDAPH |
L’intervention d’un professionnel spécialisé en droit administratif du handicap est vivement recommandée.
Les 4 voies de recours : tableau comparatif
Chaque procédure répond à une logique différente. Ce tableau synthétise les grandes caractéristiques pour vous aider à identifier celle qui correspond à votre situation.
| Voie | Autorité saisie | Délai pour agir | Ce qu’on peut obtenir | Durée estimée | Coût indicatif |
|---|---|---|---|---|---|
| Recours gracieux / RAPO MDPH | MDPH | 2 mois après la notification | Révision de l’orientation | 4 à 6 mois | Gratuit |
| Conciliation | Conciliateur | Sur proposition ou demande | Accord amiable sur la prise en charge | 1 à 3 mois | Gratuit |
| Référé-liberté | Tribunal administratif | Urgence (48 h d’audience) | Injonction d’agir sous astreinte | Quelques jours | Conseil juridique recommandé |
| Excès de pouvoir | Tribunal administratif | 2 mois après la contestation | Annulation ; indemnisation possible | 1 à 2 ans | Conseil juridique recommandé |
Résultats indicatifs : chaque situation est particulière et peut appeler une combinaison de ces voies. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis personnalisé d’un avocat spécialisé en droit du handicap.
Solutions d’attente et rôle de Dyade Avocats pour accompagner votre famille
Attendre une place ne signifie pas rester sans solution. Plusieurs dispositifs assurent une continuité : SESSAD, PCH aide humaine, scolarisation ordinaire avec AESH, unités d’enseignement externalisées ou instruction en famille. La page obtenir un accompagnement scolaire adapté via la MDPH détaille les démarches à engager.
Dès le premier refus écrit d’un IME, ou pour contester une orientation CDAPH, consulter un avocat spécialisé en droit du handicap change la donne. Dyade Avocats assure la protection de vos droits dans ce type de contentieux.
Questions fréquentes sur le refus d’inscription en IME
Peut-on contester une décision de la CDAPH ?
Oui. La notification ouvre un droit, elle n’impose pas une obligation. Les familles peuvent signaler leur désaccord à la MDPH par courrier et demander une révision.
Que faire si l’établissement refuse mon enfant faute de place ?
Engagez un recours gracieux dans un délai de 2 mois. En urgence, un référé-liberté devant le tribunal administratif peut aboutir en 48 heures.
Un IME peut-il écarter mon enfant pour un motif géographique ?
Non. Ce motif est juridiquement infondé en vertu de l’article L. 351-2 du code de l’éducation.
Comment quitter la structure en cours d’année ?
Un préavis écrit (généralement un mois) est requis. Anticipez un relais : SESSAD, scolarisation avec AESH ou instruction en famille.
Que signifie un non-renouvellement d’inscription ?
Cela peut traduire une réorientation ou une sortie sans solution préparée. Chaque situation appelle une démarche distincte.
Quelle est la durée de validité d’une orientation de la commission ?
Généralement entre 1 et 5 ans. À l’échéance, un renouvellement de dossier est nécessaire.
Le juge peut-il ordonner l’admission ?
Non directement. Il peut enjoindre l’administration à trouver une issue sous astreinte, sans imposer un établissement précis.
Décliner une orientation médico-sociale expose-t-il à un signalement ?
Non, pas en soi. Un choix argumenté, accompagné d’une alternative cohérente, relève de l’autorité parentale.
Des recours existent à chaque étape. Agissez sans attendre : le délai est généralement de 2 mois à compter de la notification.
Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique individualisé. Contactez Dyade Avocats pour une consultation personnalisée avec un avocat spécialisé en droit du handicap.

