Aide de la MDPH pour l’achat d’un ordinateur : ce qui est possible

Ordinateur, logiciels adaptés, tablette pour l'école : ce que la MDPH peut financer ou attribuer, pour un adulte comme pour un enfant, et par quelle voie.

Cet article a été rédigé par Maître

La date de mise à jour de l’article est le 30/09/2026

Logiciels adaptés aux besoins des personnes handicapées

Sommaire

Un adolescent dyspraxique qui décroche parce qu’il n’arrive plus à écrire assez vite. Un adulte malvoyant pour qui l’écran standard est devenu illisible. Une personne qui ne peut plus se servir d’un clavier ordinaire. Dans ces situations, l’ordinateur n’est pas un confort, c’est ce qui permet de continuer. La maison départementale des personnes handicapées — la MDPH — peut aider, mais rarement en payant l’ordinateur lui-même, et pas toujours par la voie à laquelle on pense.

En bref

  • Pour un adulte comme pour un enfant, la prestation de compensation du handicap peut financer des aides techniques : logiciels, périphériques adaptés, surcoût lié au handicap.
  • Un ordinateur ordinaire n’est pas, en principe, une aide technique finançable en tant que tel.
  • Le montant attribuable pour les aides techniques est de 13 200 euros sur dix ans, majoré pour les aides les plus coûteuses.
  • Pour un enfant, le complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé est une autre voie : l’achat peut être intégré aux frais, mais il faut choisir entre ce complément et la prestation de compensation.
  • Pour la scolarité, la MDPH peut attribuer du matériel pédagogique adapté : c’est alors à l’Éducation nationale de l’acheter et de le fournir.

Pourquoi on vous répond que l’ordinateur n’est pas finançable

C’est la réponse qui revient le plus souvent, et elle déconcerte. Elle tient à une logique simple : un ordinateur du commerce sert à tout le monde, c’est un équipement courant. L’aide de la MDPH, elle, vise ce qui compense le handicap. Le Code définit d’ailleurs les aides techniques comme tout instrument, équipement ou système technique adapté ou spécialement conçu pour compenser une limitation d’activité rencontrée du fait du handicap (article D. 245-10 du Code de l’action sociale et des familles).

Concrètement, tout ce qui transforme cette machine banale en outil de compensation peut en revanche être pris en charge : logiciels de synthèse ou de reconnaissance vocale, d’agrandissement, de prédiction de mots, claviers et souris adaptés, commandes oculaires, contacteurs. Et il arrive que l’appareil lui-même soit retenu, lorsque ses caractéristiques techniques sont précisément ce qui compense le handicap, par exemple la qualité d’affichage de l’écran pour une personne malvoyante. La frontière est donc moins étanche qu’il n’y paraît : tout dépend de la manière dont la demande est présentée.

Pour un adulte : la prestation de compensation du handicap

L’aide relève de l’élément « aides techniques » de la prestation de compensation (article L. 245-3 du Code de l’action sociale et des familles). Encore faut-il être éligible à la prestation : il faut présenter une difficulté absolue pour réaliser au moins une activité, ou une difficulté grave pour au moins deux activités, selon le référentiel de l’annexe 2-5 du Code de l’action sociale et des familles. Pour l’informatique, ce sont le plus souvent la motricité fine, la vision, l’audition, la parole ou l’utilisation des appareils de communication qui sont en jeu. Notre simulateur d’éligibilité à la prestation de compensation permet un premier repérage.

Percevoir l’allocation aux adultes handicapés ou disposer d’une reconnaissance de travailleur handicapé ne dispense pas, pour autant, de démontrer ces difficultés concrètes. Ce sont deux choses différentes, et l’équipe pluridisciplinaire raisonne à partir de ce que la personne peut ou ne peut pas faire.

Côté montants, l’enveloppe est de 13 200 euros pour toute période de dix ans. Lorsqu’une aide technique et ses accessoires sont tarifés à au moins 3 000 euros, ce plafond est majoré du montant de ces tarifs, diminué de la prise en charge par la sécurité sociale (arrêté du 28 décembre 2005 fixant les montants maximaux attribuables). Ce qui sera réellement versé dépend ensuite des tarifs fixés pour chaque type d’aide.

Ce qui fait basculer un dossier

À situation comparable, deux demandes peuvent connaître un sort opposé, et la différence tient souvent à deux pièces.

La première est le bilan d’un ergothérapeute. C’est lui qui décrit ce qui se passe devant l’écran ou le clavier, compare les solutions essayées et justifie le matériel retenu. Sans ce bilan, la demande repose sur des affirmations, et elle est fréquemment rejetée.

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La seconde est le devis. Un devis global « ordinateur plus logiciel » laisse la commission trancher seule, rarement en votre faveur. Un devis qui distingue ligne par ligne l’équipement de base et les éléments spécifiques lui permet au contraire de financer ce qui relève de la compensation.

Pour un enfant : trois voies à ne pas confondre

Chez l’enfant, la question surgit presque toujours au même moment : quand l’écriture manuscrite devient un obstacle scolaire. Trois voies existent, et les familles se voient parfois renvoyées de l’une à l’autre sans qu’on leur explique ce qui les distingue.

La prestation de compensation du handicap

Elle est ouverte aux enfants, sous conditions (article L. 245-1 du Code de l’action sociale et des familles). L’enfant doit remplir les conditions de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et présenter les mêmes difficultés, absolue ou graves, que celles exigées d’un adulte. Les règles sur les aides techniques sont ensuite identiques : les logiciels et périphériques plutôt que l’ordinateur.

Le complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé

Autre possibilité : demander un complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (article L. 541-1 du Code de la sécurité sociale). L’achat de l’ordinateur et des équipements nécessaires entre alors dans les frais liés au handicap restant à la charge de la famille. Contrairement à ce qu’on lit souvent, la réduction ou l’arrêt d’activité d’un parent n’est pas la seule porte d’entrée : une catégorie peut s’obtenir sur le seul fondement de ces frais, le niveau de dépenses exigé augmentant d’une catégorie à l’autre.

Attention toutefois, il faut choisir : le complément et la prestation de compensation ne se cumulent pas. Le bon choix ne se décide pas sur le seul ordinateur, mais au regard de l’ensemble des besoins de l’enfant. Notre simulateur du complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé aide à comparer.

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Le matériel pédagogique adapté, pour la scolarité

Lorsque l’ordinateur ou la tablette sert d’abord à suivre les cours, c’est souvent la voie la plus adaptée, alors qu’on y pense rarement. La demande se fait auprès de la MDPH, dans le cadre du parcours de scolarisation.

Il faut démontrer que l’enfant rencontre des difficultés pour suivre sa scolarité par rapport à un enfant du même âge qui n’est pas en situation de handicap : lenteur ou impossibilité d’écrire, fatigue, prise de notes, lecture. Les documents établis par l’équipe pédagogique, en particulier le guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation — le GEVA-Sco —, pèsent lourd, tout comme les éléments médicaux, et plus encore le bilan d’un ergothérapeute.

Pour la scolarité, la commission attribue le matériel et l’Éducation nationale le fournit à l’enfant. La famille n’a donc pas à l’acheter elle-même, ni à attendre un remboursement si elle l’a déjà fait. Autre intérêt de cette voie : elle peut aboutir même lorsque l’enfant ne remplit pas les conditions de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé. Le détail figure dans notre article sur le matériel pédagogique adapté.

En cas de refus

Un refus n’est pas la fin du parcours, mais les délais sont courts. Il faut d’abord former un recours administratif préalable obligatoire auprès de la MDPH, dans les deux mois qui suivent la réception de la notification. Si ce recours est rejeté, le litige relatif à la prestation de compensation ou à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé est porté devant le pôle social du tribunal judiciaire. Saisir le tribunal suppose, depuis mars 2026, un timbre fiscal de 50 euros ; les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont dispensés.

C’est aussi le moment d’ajouter au dossier ce qui lui manquait : un bilan d’ergothérapeute plus précis, des devis détaillés, un écrit de l’enseignant ou du médecin. Notre page consacrée aux recours sur l’aide technique de la prestation de compensation détaille les étapes, et le calcul du délai de recours permet de vérifier que vous êtes dans les temps.

Questions fréquentes

La MDPH rembourse-t-elle un ordinateur ?

En principe non, un ordinateur standard étant un équipement courant. Elle peut financer les logiciels, périphériques et surcoûts qui compensent le handicap, et exceptionnellement l’appareil lorsque ses caractéristiques sont elles-mêmes la compensation.

Quel est le plafond pour les aides techniques ?

13 200 euros pour toute période de dix ans, avec une majoration lorsqu’une aide et ses accessoires sont tarifés à au moins 3 000 euros.

Mon enfant peut-il bénéficier de la prestation de compensation pour un ordinateur ?

Oui, s’il remplit les conditions de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et présente les difficultés exigées. Le complément de cette allocation est une autre voie, mais il faut choisir entre les deux.

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Qui paie l’ordinateur attribué pour l’école ?

L’Éducation nationale, lorsque la MDPH attribue du matériel pédagogique adapté. La famille n’a pas à l’acheter.

Faut-il acheter le matériel avant la décision ?

Non. Pour le matériel pédagogique adapté, l’achat revient à l’Éducation nationale. Pour la prestation de compensation, l’aide est calculée à partir des besoins évalués et des devis.

Quel document est le plus utile ?

Le bilan d’un ergothérapeute, accompagné de devis détaillés. Pour la scolarité, le GEVA-Sco complète utilement le dossier.

Sources

Cet article présente des règles générales à la date de sa mise à jour. Il ne remplace pas l’analyse de votre dossier par un avocat.

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