Entretien MDPH pour l’AAH : ce que dit vraiment l’arrêté du 11 août 2026

Entretien individuel pour l'AAH : ce que prévoient vraiment le décret du 7 août et l'arrêté du 11 août 2026, qui est visé, et comment s'y préparer.

Cet article a été rédigé par Maître

La date de mise à jour de l’article est le 03/11/2026

Un homme et une femme examinent un document, penchés sur une table

Sommaire

Depuis la fin de l’été, une information circule sur les réseaux sociaux : un entretien avec la MDPH deviendrait obligatoire pour obtenir ou renouveler l’allocation aux adultes handicapés (AAH) lorsque le taux d’incapacité est compris entre 50 et 79 %. Beaucoup de personnes s’inquiètent, et c’est compréhensible : un rendez-vous de plus, pour des handicaps parfois difficiles à expliquer en quelques minutes. Les textes publiés en août prévoient bien ces entretiens et visent bien cette tranche de taux. Ils ne les imposent pas pour autant au demandeur.

Ce que les textes prévoient réellement

Deux textes ont été publiés au Journal officiel au mois d’août 2026. Le décret n° 2026-750 du 7 août 2026 modifie l’article D. 178-3 du code de la sécurité sociale pour créer, dans la subvention versée par l’État aux MDPH, une part consacrée à la « gestion du risque » dans l’évaluation des demandes. L’arrêté du 11 août 2026, publié le 14 août, fixe cette part à 8,4 millions d’euros pour 2026. Elle est répartie entre les MDPH en fonction du nombre de décisions d’attribution et de refus d’AAH rendues en 2023 et 2024, sans pouvoir être inférieure à 10 000 euros. Selon l’annexe de l’arrêté, les montants vont de 10 000 euros (Lozère, Mayotte) à 423 190,90 euros (Nord).

L’article 1er de l’arrêté précise l’usage de cette somme : elle « finance des professionnels pour la mise en œuvre d’entretiens individuels préalables », organisés au moment de l’attribution ou du renouvellement de l’AAH prévue à l’article L. 821-2 du code de la sécurité sociale. C’est l’AAH accordée avec un taux d’incapacité de 50 à 79 %, à condition que la commission reconnaisse une restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi.

L’article 2 fixe ce que les MDPH doivent rendre en retour. Au plus tard le 15 février 2027, elles transmettront à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie le nombre de décisions reconnaissant un taux de 50 à 79 % à des personnes de 20 à 62 ans entre septembre et décembre 2026, et le nombre d’entretiens réalisés en 2026. Au plus tard le 30 juin 2027, elles adresseront un bilan précisant les modalités des entretiens, leur durée, les caractéristiques des personnes reçues, le nombre et le profil des professionnels mobilisés, et ce que les entretiens ont apporté.

Ce qu’ils ne disent pas

Ni le décret ni l’arrêté n’imposent l’entretien au demandeur. Ce sont des textes de financement : ils donnent aux MDPH les moyens d’organiser ces rendez-vous, sans faire de l’entretien une condition d’attribution de l’AAH, et sans prévoir de conséquence en cas d’absence.

Le public visé, en revanche, ne fait pas de doute : en renvoyant à l’article L. 821-2, l’arrêté cible les demandes où tout se joue sur la restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi, la notion la plus discutée des dossiers d’AAH. Les entretiens visent à mieux l’apprécier, ce que confirme l’intitulé du décret, consacré à la « gestion du risque ».

Dans les faits, chaque MDPH décidera de la façon dont elle met ces entretiens en place. Si vous recevez une convocation, lisez attentivement ce qu’elle indique sur son caractère obligatoire ou non, et conservez-la.

Pourquoi l’inquiétude n’est pas infondée

La restriction d’accès à l’emploi n’est pas une notion médicale. Elle s’apprécie surtout à partir du parcours professionnel, et la façon dont elle est évaluée varie déjà beaucoup d’une MDPH à l’autre. Un échange de quelques minutes avec un professionnel qui découvre votre situation peut aider à la comprendre, ou au contraire en donner une image incomplète, surtout pour un handicap qui ne se voit pas ou pour une personne que la rencontre elle-même met en difficulté.

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Les personnes qui ont déjà été reçues par une commission en témoignent souvent : un temps court, des questions sur tous les aspects de la vie, et le sentiment de devoir se justifier. Mieux vaut donc s’y préparer que le subir.

Si vous êtes convoqué : comment s’y préparer

  • Relisez votre dossier avant le rendez-vous, en particulier le projet de vie et le certificat médical : l’entretien porte sur la même situation, et les contradictions apparentes sont rarement à votre avantage.
  • Préparez une chronologie de votre parcours professionnel : emplois occupés, durées, arrêts, ruptures, reprises qui ont échoué, accompagnement vers l’emploi. C’est sur ce terrain que se joue la restriction d’accès à l’emploi.
  • Apportez les pièces qui la démontrent : arrêts de travail, avis du médecin du travail, suivi par un organisme d’insertion, attestations de travailleurs sociaux.
  • Décrivez des situations concrètes plutôt que des généralités : ce qui s’est passé lors de la dernière reprise, combien de temps vous avez tenu, pourquoi cela s’est arrêté.
  • Si le déplacement ou l’échange en face à face est difficile en raison de votre handicap, demandez par écrit une adaptation (entretien à distance, présence d’un proche) avant la date prévue.
  • Après le rendez-vous, notez ce qui a été dit, avec la date et le nom de la personne rencontrée.

Si la décision est défavorable après l’entretien

L’entretien ne change rien aux voies de recours. Un refus, ou un droit accordé pour une durée trop courte, se conteste par un recours administratif préalable obligatoire, puis devant le pôle social du tribunal judiciaire. Le juge réexamine la situation au vu des pièces du dossier : il n’est pas lié par ce qui s’est dit lors d’un entretien. Notre article sur la restriction d’accès à l’emploi détaille ce qui permet de la démontrer.

Si une convocation, ou une décision rendue après un entretien, vous pose question, vous pouvez nous l’adresser pour une étude gratuite.

Questions fréquentes

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L’entretien avec la MDPH est-il obligatoire pour obtenir l’AAH ?

Les textes d’août 2026 financent l’organisation d’entretiens par les MDPH, mais ne les imposent pas au demandeur et ne prévoient pas de conséquence en cas d’absence. Lisez ce que précise votre convocation.

Qui est concerné ?

Les personnes qui demandent l’attribution ou le renouvellement de l’AAH prévue à l’article L. 821-2 du code de la sécurité sociale, c’est-à-dire avec un taux d’incapacité de 50 à 79 %.

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Sur quoi porte l’entretien ?

Les textes ne le détaillent pas. L’objectif affiché étant la gestion du risque dans l’évaluation, il portera vraisemblablement sur votre situation au regard de l’emploi.

Peut-on contester une décision prise après l’entretien ?

Oui, comme toute décision de la MDPH : recours préalable obligatoire, puis tribunal.

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